Pat Mills

Pat Mills écrit des comics depuis plus d’une quarantaine d’année.

Il débute sa carrière au début des années 70 en tant qu’éditeur et scénariste au sein de DC Thomson puis IPC, qui éditent entre autre des revues de type ‘Boys Comics’ et ‘Girls Comics’. C’est à cette époque qu’il fera la connaissance de John Wagner avec qui il co-créera plus tard Judge Dredd. Il sera chargé de lancer des revues spécialisées surfant sur les genres à succès du moment (Battle Picture Weekly en 1975, et Action Weekly en 1976).

En 1977, il sera chargé de développer des héros et histoires futuristes pour le lancement, d’un nouvel hebdomadaire de sciences fiction qui fera date dans l’histoire de la bande dessiné anglaise : 2000 AD (sans parlé de Starlord, magazine qu’il lancera en 1978 avant que celui-ci fusionne avec 2000 AD puis disparaisse).

Il reprendra néanmoins rapidement le statut de scénariste freelance, pour s’occuper de ses séries phares (Sláine, Ro-busters/ABC Warriors et Nemesis The Warlock). Il est alors de plus en plus souvent associé à un dessinateur qui fait ses premiers pas dans le métier : Kevin O’Neill (La ligue des gentlemen extraordinaires).

De ce magazine, seront traduites en Français quelques histoires de Judge Dredd et de Flesh (chez Aredit), de Sláine (aux éditions Zenda, puis Soleil, puis Nickel) et des ABC Warriors (aux éditions Zenda, puis Arboris et Soleil).

En 1978 il participe au lancement de Misty, un magazine à destination des adolescentes (un ‘Girls Comics’, genre pour lequel Pat Mills a énormément d’affection et d’ambitions) proposant des histoires fantastiques voire horrifiques. On lui doit en particulier la série ‘Moonchild’.

En tant que scénariste, et en dehors bien sûr des incontournables de 2000 AD, une des ses œuvres la plus marquante de cette période reste le strip hebdomadaire Charley’s War écrit pour Battle de 1979 à 1983, et illustré par Joe Colquhoun. La série narre le quotidien d’une jeune recrue anglaise envoyée sur le front français pendant la première guerre mondiale. Cette histoire, qui continue à faire référence de nos jours, lui vaudra quelques frictions avec ses responsables de publication qui goûtaient peu l’ultra réalisme peu patriotique déployé par les auteurs. En France, cette série a été partiellement traduite au milieu des années 80 dans les mini formats de Mon Journal (Bengali et Pirates-Commando), et est actuellement réédité en album via le label Delirium depuis octobre 2011.

En 1988, il est à nouveau à l’origine d’un magazine de bande dessinée plutôt engagé, Crisis, pour lequel il écrira entre autres la série Third World War avec Carlos Ezquerra. Une des histoires de cette série, Le Fardeau de l’Homme Noir (co scénarisée par Alan Mitchell), sera traduite en 1993 par Arboris, mais bizarrement, seul le dessinateur John Hicklenton sera crédité sur la couverture.

C’est dans le sillage des Watchmen d’Alan Moore, et du Batman, The Dark Knight Return de Frank Miller, que Mills se fait un nom sur le marché américain avec son personnage emblématique Marshal Law (co créé avec Kevin O’Neill). Les aventures du policier violent débutent en 1987, et la première histoire sera traduite en 1989 par les éditions Zenda.

Le héros devient assez populaire pour susciter l’intérêt d’un éditeur anglais Apocalypse, qui offre aux auteurs d’en faire la tête de proue d’un nouveau magazine hebdomadaire Toxic!. Après le dépôt de bilan de l’éditeur Marshal Law reviendra par le biais de Dark Horse Comics et d’Imlage Comics sur le territoire américain. Une édition de luxe des aventures du chasseur de héros est annoncée par DC pour le printemps 2013.

Durant la décennie suivante, outre sa participation récurrente à 2000 AD et quelques one shot de Marshal Law, on retrouve son nom associé à celui du scénariste débutant Tony Skinner, qu’il parraine sur nombre de ses séries anglaises, et pour Marvel US (Punisher 2099. Ravage 2099, partiellement reprise de ce coté de l’Atlantique dans la revue 2099 éditée par Semic).

Si certaines de ses œuvres avaient fait l’objet de traduction en France, Pat Mills caressait depuis longtemps le rêve d’écrire directement pour le marché français, dont il enviait la liberté d’expression et les luxueux formats de parution.

Après Shadowslayer, qui s’arrête au premier tome suite au décès de son dessinateur Eric Larnoy, Pat Mills fait une première percée significative avec Sha en 1995 en collaboration avec Olivier Ledroit, aux éditions Soleil. Mais son premier gros succès commercial sera Requiem, Chevalier Vampire en 2000, série pour laquelle il co fonde les éditions Nickel. Il y développe d’autres histoires, dont un spin off de sa série phare, Claudia (2004, avec Franck Tacito), et une série d’héroic fantasy, Broz, avec Adrian Smith. On lui doit aussi les aventures de Biankkha aux Editions USA, dessinée par Cinzia Di Felice (2006, co scénarisé par Biljana Ruzicanin).

En dehors de ces parutions françaises (citons encore une histoire dans l’univers Star Wars traduite par Delcourt en 2005), il poursuit toujours sa collaboration avec 2000 AD (Savage, Greysuit, Defoe, Flesh et toujours Sláine et les ABC Warriors) et développe actuellement des concepts de graphic novels à fort potentiels cinématographiques avec le dessinateur Clint Langley via leur société Repeat Offenders (American Reaper, Dinosty).

La majeure partie des créations de Pat Mills ont un commun des univers foisonnants et des thématiques qui lui tiennent à coeur : la politique, la religion par le prisme de ses travers les plus extrêmes, la pérennisation de l’âme, ou ce qui fait l’essence héroïque d’une personne. Il n’est alors pas étonnant de retrouver diverses incarnations du grand inquisiteur Torquemada dans nombre de ses histoires (Nemesis, Sha, The Reedemer), ou de suivre ses héros au travers de leurs diverses réincarnations (Sláine, Requiem).

C’est un scénariste qui souhaite avant tout écrire des histoires populaires, vivantes, et s’inspirant profondément de la réalité.